Dans ma dernière publication, je vous apprenais que j'étais une "dispensationneuse" (j'aime inventer des mots comme Homer Simpson). Vous ne voyez pas de quoi je parle? Mais sii, ce truc que l'on fait derrière un comptoir et qui nécessite de loooooongues années d'études ainsi que la présentation d'une thèse à la fin. Ça y est? Vous comprenez maintenant d'où me vient le réflexe de citer mes références bibliographiques lol 

Aujourd'hui, je voudrais vous parler des huiles essentielles (HE), qui sont des ingrédients phares de la Slow Cosmétique. Ce sont des substantes odorantes et volatiles, non grasses mais solubles dans les corps gras, extraites de végétaux sous forme liquide par distillation par entraînement à la vapeur d'eau* ou par expression à froid dans le cas particulier des agrumes (on parle alors plutôt d'« essences »).

* Ce procédé permet d'obtenir simultanément une eau distillée aromatique (ou hydrolat) et une HE. 

Bien choisir

Utilisez des HE 100% pures et naturelles, idéalement certifiées BioSi elles portent en plus le label "HEBBD" (HE botaniquement et biochimiquement définies), c'est encore mieux, car cela est un gage de qualité.

La boîte ou/et l'étiquetage du flacon (qui doit être opaque) devra/devront au moins préciser :

1/ Le nom botanique latin de la plante : le genre + l'espèce (sur l'exemple : Chamaemelum nobile) et, le cas échéant, la sous-espèce ("ssp."), la variété ("var.") et le chémotype ("CT"). Ce dernier indique le composant biochimique majoritaire de l'HE. C'est important à connaître car deux CT d'une même HE peuvent avoir des activités et surtout une toxicité différentes.

2/ La partie de la plante qui a été utilisée.

3/ La composition biochimique. 

Remarque : Le prix élevé de certaines HE s'explique par un rendement qui peut être très faible. Par exemple, il faut 20 000 roses, soit 4 tonnes de pétales, cueillies avant le lever du soleil, pour obtenir 1 kg d'HE de rose! Dans ces cas, les falsifications ne sont pas impossibles, sachant qu'il serait très facile de produire des HE synthétiques ou reconstituées qui imitent assez bien les vraies!

 

Précautions d'emploi

Bien que d'origine naturelle, les HE ne sont pas forcément inoffensives! Elles peuvent être agressives pour les muqueuses, allergisantes, irritantes (HE à aldéhydes, quelle que soit la voie d'administration : citral, citronellal, cuminal... ; HE à terpènes : pinènes, carène... ; HE à phénols, à action caustique sur la peau : thymol, eugénol, gaïacol, carvacrol...) ou entraîner des réactions épidermiques après exposition au soleil (le cas pour les essences d'agrumes), ou encore être neurotoxiques (HE à cétones : thuyone, menthone, verbénone...)!  

Il faut savoir que la délivrance au public d'un certain nombre d'entre elles est réservée aux pharmaciens

Prudence donc (surtout si vous achetez sur Internet) et rappelez-vous ces quelques règles :

Demander impérativement un avis médical dans les cas suivants : femme enceinte ou allaitante / enfant de moins de 7 ans / en cas d'antécédent d'épilepsie / personnes asthamtiques ou allergiques. 

Si on a la peau sensible, faire un test de tolérance cutanée en étalant 1 goutte au niveau du pli du coude : l'apparition d'une irritation en 15 à 20 minutes contre-indique l'emploi de cette HE.

Bien se laver les mains après avoir utilisé une HE.

Garder les flacons bien bouchés et hors de portée des enfants. 

Conserver les HE à l'abri de la lumière et de la chaleur. A compter de l'ouverture, on a en général 1 an pour les utiliser, dans la limite de la date de péremption bien sûr.

Eviter toute exposition au soleil après une application cutanée d'essence d'agrume ou encore d'HE d'angélique.

 

Sources : COUIC-MARINIER F., LOBSTEIN A. Dossier : Les huiles essentielles à l'officine. Actualités pharmaceutiques, 2013, 525, p. 18 - 21 et p. 26 - 30. / Aromathérapie, le bon usage. Cahier Formation Le Moniteur des Pharmacies, 2009, 2767. / CHAUMONT J.-P., CIEUR C., MILLET J., MOREL J.-M., ROUX-SITRUK D., TALLEC D. Conseil en aromathérapie. Rueil-Malmaison : Pro-Officina, 2008. 188 p.